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Le commentaire no: 15000....c'est pour aujourd'hui....
mais qui le postera?


Le Buste de Mère Javouhey...suite...


Mais les conseillers coloniaux ne désarment pas. Ils menacent de se soulever  si d'autres crédits sont alloués à la Chère Mère pour son nouveau projet. le nouveau directeur des Colonies, Galot, refuse de lui accorder des crédits nouveaux.
Mère Javouhey comprend donc qu'elle doit abandonner la lutte. Avec une santé un peu affaiblie, elle se sent encore bien alerte, mais que pourra-t-elle si on lui enlève de plus en plus ses moyens pour travailler?
Son départ aura lieu  le 18 mai 1843.
Au moment où elle gagnait le navire qui devait l'emporter, toute la population l'accompagnait. Les mères lui tendaient leurs enfants à bénir, les pères lui remettaient toutes sortes de petits cadeaux :
des petits oiseaux qu'elle aimait bien, des petits animaux qu'elle aimait élever, des fruits, des légumes, des graines diverses qu'elle appréciait.
les pirogues des nègres  firent plusieurs fois le tour de la goélette puis ce fut le moment du départ.
Elle quitta en larmes en agitant son mouchoir.

La Chère Mère mourut en France le 15 juillet 1851.
A mana, la Supérieure qui remplaçait Mère Javouhey avait demandé à Ti-Sô , âgée de 15 ans, d'aller lui chercher un livre de prières.
Ecoutez ce que raconte Ti-Sô :
" Ce jour-là,
 la supérieure me demanda  d'aller dans la chambre de la Chère Mère, où personne ne rentrait, chercher  un livre de prières sur son bureau.
Je pris la clé, ouvris la porte. Qu'est-ce que je vis? ma Chè-Mè assise dans son fauteuil, un rosaire à la main. Je restais clouée sur place devant cette apparition. Elle me fit signe d'approcher. je m'approchais et je m'agenouillais près d'elle.
Je sentis sa  main posée sur ma tête.
 Puis , à ma grosse surprise, le fauteuil était devenu vide.
Alors effrayée, je descendis quatre à quatre l'escalier.
 Essouflée, je racontai la vision aux autres Soeurs.
Elles notèrent le moment."



Le mois suivant, un voilier apportait la nouvelle de la mort de la Chè-Mè. la date et l'heure de sa mort coincidait avec celles notées par les Soeurs.
Ainsi, l'esprit et l' amour de la chè-Mè veilleront sur Mana pour l'éternité.
Man Ti-Sô, la petite gâtée de Chè-mè, mourut en 1946 à l'âge de 110 ans.

Il n'est pas sans intérêt de terminer en disant combien il est étonnant que la Sainte Mère ait rencontré tant de difficultés dans l'exercice de son apostolat. Les colons l'avaient noircie aux yeux du gouvernement.
 Et même le Préfet apostolique de Cayenne et plusieurs prêtres prirent position contre elle à un degré tel qu'elle fut même privée des sacrements. On la railla, on se moqua d'elle en la traitant de " reine blanche".
Au départ de Cayenne, au moment de son retour  définitif en France, elle voulut communier avant d'entreprendre cette longue et dangereuse traversée. les sacrements lui étaient toujours refusés et elle n'obtint pas  l'autorisation de communier.
Dès son arrivée en France, plusieurs évêques indignés par cette interdiction jetée sur elle à Cayenne, l'autorisèrent à communier, ce qui fut fait à Fontainebleau.
La nouvelle de son retour en France s'était partout répandue.
 Les nombreux compliments qu'elle recevait de tous côtés lui causaient une vive émotion : "il me semble que l'on se moque de moi" disait-elle.
Elle connut un Paris de plusieurs journées d'émeute.
 Le sang coulait autour des barricades.
Au mépris de tout danger,
elle osa traverser  la capitale pour se rendre à la Congrégation des Soeurs de la rue de Valois.
 Paris était dans un bain de sang, le général Damesne avait été tué. Monseigneur Affre, l'archevêque  de Paris avait péri sous les balles des insurgés. c'était en juin 1848.
Elle se trouva parmi les barricades et entendit des grands cris s'élever autour d'elle :
 "Mais c'est Mère Javouhey ! Vive  la  Mère Javouhey ! il faut la laisser passer."
Ils la firent passer  de barricade en barricade sous les coups de fusil  et de canons et l'aidèrent ainsi  à parvenir jusqu'au couvent de la rue de Valois.
Dans cette fabuleuse traversée des barricades,
il faut voir le doigt de Dieu.
la Mère fondatrice  fut béatifiée le 15 octobre 1950 à la basilique St Pierre de Rome. le pape PieXII, ce jour là, l'a proclamée bienheureuse.



le buste que tout visiteur de Mana prend plaisir à contempler
a été fait par Oliva en 1851 en bronze d'art.
Il a 90 cm de haut , 70cm de largeur d'épaules.
Le socle  , en granit rose des Vosges poli, a 2m10 de haut avec cette inscription:


Anne -Marie JAVOUHEY
1779-1851
Elle fut  de Mana
La Fondatrice et la Mère
1828-1843


Le texte est d'Auxence Contout et tiré du livre:
la Guyane: anecdotes de nos monuments.
Tag(s) : #Guyane: Ailleurs......

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